TÊTE D’AFFICHE | Karine Bibeau : derrière O-Volt, une histoire de famille, d’audace et de passion

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D’un premier centre à Sherbrooke à un réseau de cinq succursales au Québec, O-Volt a parcouru beaucoup de chemin depuis 2018.

Derrière cette aventure entrepreneuriale, il y a notamment Karine Bibeau, cofondatrice de l’entreprise, une femme pour qui le plaisir de bouger, la famille et les relations humaines ont toujours été au cœur du projet.

Une idée née d’un besoin bien réel

Avant de devenir un réseau de centres d’amusement actifs, O-Volt était d’abord un projet de famille.

À l’époque, Karine Bibeau et son conjoint souhaitaient donner une nouvelle direction à leur vie professionnelle. Déjà impliqué dans le domaine de l’escalade, celui-ci envisageait l’ouverture d’un centre d’escalade de bloc à Sherbrooke, où la famille souhaitait s’installer.

Karine, de son côté, voyait une autre possibilité.

Mère de deux garçons et grande sportive, elle connaissait bien le défi de concilier entraînement, travail et responsabilités familiales. Pourquoi ne pas créer un endroit où les parents pourraient bouger avec leurs enfants, plutôt que de devoir constamment choisir entre les deux?

C’est ainsi que les trampolines et les modules de jeux sont venus enrichir le concept initial.

« Ma motivation était d’avoir un endroit où parents et enfants puissent bouger, s’entraîner et avoir une séance active en famille. »

L’idée était simple : proposer un espace intérieur où les gens de tous âges pourraient être actifs, s’amuser et se retrouver. Un lieu lumineux et accueillant, avec différentes activités et un espace café favorisant les rencontres.

Une vision qui, huit ans plus tard, demeure au cœur d’O-Volt.

Un Noël, six conteneurs et beaucoup d’inconnu

Quand Karine repense aux débuts, une image lui revient particulièrement.

C’était la veille de Noël. Le premier des six conteneurs remplis d’équipements venait d’arriver. Les installateurs étrangers qui devaient accompagner l’équipe n’avaient pas obtenu leurs visas de travail.

Dans le local encore vide, Karine, son conjoint et ses beaux-parents tentaient de comprendre des plans rédigés dans une langue qu’ils ne maîtrisaient pas. Pendant ce temps, leurs deux garçons circulaient en trottinette.

Le projet venait soudainement de devenir très concret.

Karine se souvient des regards interrogateurs de ses beaux-parents. Elle-même se demandait dans quoi ils s’étaient embarqués. Son conjoint, lui, semblait plutôt enthousiaste devant l’ampleur du défi.

« Wow! C’est comme si je venais de me payer pour Noël un casse-tête de plusieurs milliers de dollars! »

Il fallait maintenant assembler ce casse-tête. Et rapidement.

Les semaines suivantes ont été intenses. Tout était à construire, des installations jusqu’aux opérations quotidiennes, en passant par le recrutement et les systèmes informatiques.

Puis, une semaine avant la relâche scolaire, O-Volt Sherbrooke ouvrait ses portes.

L’accueil a dépassé toutes les attentes.

« Nous n’étions pas prêts à autant de clientèle, mais les familles, elles, étaient prêtes à venir et à avoir du plaisir! »

Les journées se terminaient avec des clients souriants et une équipe qui se demandait comment elle allait réussir à gérer un tel achalandage.

Karine en rit aujourd’hui. C’était, comme elle le dit, un beau problème.

Une entreprise qui s’est construite en équipe

Les premiers mois d’O-Volt ont aussi été une véritable aventure familiale.

Après avoir quitté la banlieue de Montréal, Karine et son conjoint ont temporairement emménagé chez ses beaux-parents. Famille et amis se sont mobilisés pour donner un coup de main.

Certains dormaient sur le divan. D’autres programmaient le système de caisse sur l’îlot de cuisine pendant que Karine préparait les lunchs des enfants.

Les journées de travail pouvaient atteindre 15 heures, sept jours sur sept.

Mais au-delà des longues heures, Karine retient surtout la solidarité qui entourait le projet.

Cette dimension humaine s’est rapidement retrouvée dans la culture de l’entreprise. Dès l’ouverture, une équipe de jeunes employés a participé activement à la mise en place du centre, avec une grande capacité d’adaptation et beaucoup de fierté.

Aujourd’hui encore, Karine accorde une importance particulière au rôle des employés dans l’expérience des visiteurs.

Elle aime leur rappeler qu’O-Volt ne vend pas simplement l’accès à des installations.

L’expérience se construit aussi dans chaque interaction avec la clientèle.

« À O-Volt, le plaisir du client, c’est toi qui vas le créer. […] Tu fais la différence. Tu nous représentes. Amène ta couleur! »

Une philosophie qui explique pourquoi l’accueil, l’encadrement et la qualité du service occupent une place aussi importante que les activités elles-mêmes.

Grandir, oui. Mais pas à n’importe quel prix.

Après Sherbrooke, O-Volt a poursuivi son développement avec l’ouverture d’un deuxième centre à Blainville. Puis est venue l’étape du franchisage, avec Trois-Rivières comme première franchise.

Aujourd’hui, le réseau compte cinq succursales au Québec, avec LaSalle et Québec qui se sont ajoutées à l’aventure.

Pour Karine, cette croissance représente une grande fierté. Mais elle apporte aussi son lot de responsabilités.

Elle se décrit d’ailleurs avec humour comme la « gardienne de la marque ».

Son rôle consiste notamment à coordonner le marketing et les opérations, à accompagner les franchisés et à veiller à ce que l’expérience O-Volt demeure cohérente d’une succursale à l’autre.

La sécurité, la propreté et la qualité de l’encadrement sont au cœur de ses priorités.

Au fil des années, Karine et son équipe ont développé des protocoles de surveillance, des formations, des procédures d’inspection et des cours permettant aux jeunes d’apprendre à bouger de façon plus sécuritaire.

L’objectif n’est pas de freiner le plaisir, bien au contraire. Il s’agit de créer les conditions pour que les enfants puissent explorer, apprendre et se dépasser avec un encadrement adapté.

Et malgré les possibilités de développement, Karine préfère avancer avec prudence.

« Nous priorisons une croissance lente. […] Il est important pour nous de bien établir une nouvelle succursale avant de passer à un autre projet. »

Elle sait aussi qu’en entrepreneuriat, les imprévus font partie du quotidien. Mieux vaut donc conserver une certaine marge de manœuvre plutôt que de multiplier les projets au détriment de la qualité.

Au sein des quatre associés, elle reconnaît d’ailleurs être souvent celle qui met les freins!

Bouger pour le plaisir, sans pression de performance

Pour Karine, l’activité physique fait partie du quotidien depuis toujours.

Mais elle tient à une distinction importante : bouger ne devrait pas nécessairement vouloir dire performer.

Elle estime qu’on accorde parfois trop de place à la compétition et aux résultats sportifs dès le plus jeune âge.

Les enfants ont aussi besoin de courir, sauter, grimper, essayer, tomber, recommencer et découvrir leurs capacités à leur rythme.

« Le sport, ce n’est pas juste la compétition! »

C’est cette liberté qu’elle souhaite retrouver dans l’expérience O-Volt.

Un enfant peut venir simplement pour s’amuser, sans pression, sans obligation de résultat et sans devoir exceller dans une discipline.

Les centres d’amusement actifs offrent aussi une solution intéressante aux familles qui cherchent des activités physiques intérieures, particulièrement lorsque la météo rend les activités extérieures plus difficiles.

Pour Karine, l’essentiel reste de donner aux jeunes le goût de bouger.

Et quand elle se retrouve sur les plateaux de jeux pour encourager les enfants, elle retrouve ce qui l’a motivée à lancer l’entreprise.

« Quand je les vois les joues rouges, le sourire aux lèvres, les cheveux en bataille, c’est un pur bonheur. »

Une fierté qui dépasse les cinq succursales

En huit ans, O-Volt a grandi, mais son influence ne se limite pas au nombre de centres ouverts.

Dès ses débuts, le projet a contribué à la création de deux autres PME, notamment dans les domaines de la programmation informatique et de la construction de murs d’escalade.

L’entreprise a également collaboré avec des étudiants universitaires dans différents projets, une expérience que Karine apprécie particulièrement.

Elle aime travailler avec des jeunes qui arrivent avec des idées nouvelles, des ambitions et l’envie d’apprendre.

Cette relève, elle la voit aussi au sein des centres O-Volt.

Certains enfants qui fréquentaient autrefois les installations comme clients sont devenus, quelques années plus tard, des employés de l’entreprise. Pour plusieurs, il s’agit d’une première expérience sur le marché du travail.

Et il y a une autre forme de relève qui la touche encore davantage.

Récemment, son fils aîné a ouvert sa propre succursale O-Volt avec son associé.

Après les sacrifices familiaux, les longues journées et toutes les incertitudes des premières années, voir son fils choisir à son tour cette aventure entrepreneuriale représente beaucoup pour elle.

« Avoir des parents entrepreneurs, ce n’est pas toujours facile : ça inspire… ou non! »

Dans son cas, l’histoire se poursuit maintenant avec une nouvelle génération.

Et la suite?

Avec deux nouvelles succursales ouvertes dans la dernière année, Karine préfère pour l’instant savourer le chemin parcouru plutôt que de se précipiter vers la prochaine étape.

Elle observe, prend du recul et réfléchit à ce que ces nouveaux développements permettront d’améliorer.

D’autres villes pourraient éventuellement accueillir O-Volt, mais rien ne presse.

En dehors du travail, elle continue de trouver son équilibre dans la nature, en pratiquant différents sports au fil des saisons avec sa famille et Nelson, son chien rhodésien à crête.

Et lorsqu’on lui demande ce qui la motive encore aujourd’hui, après toutes ces années, sa réponse tient en un mot : la relève.

C’est peut-être ce qui résume le mieux le parcours de Karine Bibeau.

Bien sûr, il y a la croissance d’O-Volt, ses cinq succursales et tout le travail nécessaire pour bâtir une entreprise québécoise solide.

Mais il y a surtout les gens qui ont contribué à cette histoire : les proches qui ont donné un coup de main, les employés qui ont grandi avec l’entreprise, les franchisés qui poursuivent l’aventure et les familles qui reviennent année après année.

Et au milieu de tout ça, il y a encore cette même envie qu’au premier jour : voir les gens bouger et avoir du plaisir ensemble.

Son invitation aux familles qui n’ont pas encore découvert O-Volt?

« Osez! O-Volt, c’est pour tout le monde et tous les niveaux! »

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